Je lombricomposte, tu lombricompostes, il lombricomposte, nous lombricompostons…

Beurk ! Une aversion terrible pour les limaces, chenilles et autres bestioles rampantes, molles et humides ? Voici la solution pour vaincre toutes vos peurs 🙂 Mais non, c’est super mignon un lombric ! Et c’est totalement inoffensif. Au contraire, le lombric c’est le héros de notre planète. C’est lui qui fabrique la terre qui est partout autour de nous (enfin quand on ne l’a pas déjà recouverte de béton ou de goudron). Enfin, lui et tous ses petits amis (les autres insectes, les bactéries et les champignons) qui vivent sous terre et forment un éco-système super puissant à l’origine du fameux humus (à ne pas confondre avec le houmous) !

Bref, tout ça pour dire que l’humus c’est la vie (le houmous aussi) ! Ca retient l’eau, ça apporte aux végétaux tous les nutriments dont ils ont besoin, ça évite l’érosion des sols, etc. (pour aller plus loin, jetez un oeil à cette conférence de Claude Bourguignon, soigneur de la terre) Vous voyez où je veux en venir ?

Coucou les petits lombrics !

C’est bien joli de cuisiner sainement, de consommer bio, de penser à sa santé et tout ça, mais ça ne vous fait pas mal au coeur de jeter toutes ces épluchures ? J’ai commencé à réduire mes déchets par quelques petits changements tout simples : j’ai troqué mes cotons démaquillants par des disques de coton lavables, j’achète du vrac dès que possible, je fais mes propres produits d’entretien (lessive, pastilles à lave-vaisselle, liquide vaisselle, spray nettoyant), je me suis inscrite dans une AMAP. Depuis que nous avons notre panier de légumes hebdomadaire bien fourni, nous mangeons beaucoup plus de légumes forcément. Et au final, notre petite poubelle était composée à 80% de déchets organiques.

Il nous semblait alors évident d’investir dans un lombricomposteur. Nous avons choisi le City Worms de Vers La Terre, compact et bien pensé avec ses trois étages et son robinet pour récupérer le thé de compost. Mais non, pas pour boire nous mais pour donner à boire aux plantes ! 🙂 Dilué 10 fois dans de l’eau, c’est un excellent engrais liquide pour les plantes. Nos tomates étaient contentes cet été !

 

Dilué, on dirait vraiment du thé !

Et bien évidemment, non seulement vous réduisez le volume de votre poubelle mais en plus vous en récupérez du compost maison, substrat parfait pour le potager. En termes de revalorisation des déchets, on ne peut faire mieux. Et bon, entre rendre à la terre ce qui lui appartient et incinérer les déchets organiques mélangés à tout un tas d’autres résidus, y’a pas photos non ? Ben oui c’est en général comme ça que finissent les déchets de nos poubelles, et en plus ça fait tout plein de gaz carbonique rejeté dans l’atmosphère (c’est moche).

Le compost près à être mis au potager. Il y a même une graine de courge qui a germé. C’est dire si elles sont bien là-dedans les graines !

Evidemment, en termes de lombricompostage, il faut faire un peu attention car on ne peut pas tout composter, et on peut composter moins de choses que pour un compost classique de jardin (en contact direct avec le sol). Par exemple, il faut éviter l’ail, l’oignon et les agrumes qui sont vermifuges, et on ne peut pas y mettre les déchets d’origines animales (viande, fromage, poisson) et il vaut mieux éviter les céréales (riz, pâtes, pain…). En revanche, on peut y mettre le carton recyclé (sans encre de préférence) et les coquilles d’oeuf broyées. Ca fait donc pas mal de déchets qui évitent la poubelle quand même ! Coucou, les cartons de livraison Greenweez, les rouleaux de papier toilette et les boites d’oeufs ! Evidemment, si les fruits et légumes sont bio, c’est mieux. Dans un compost de jardin, on peut ajouter les déchets verts (branches, feuilles mortes, fleurs, etc.).

Au final, si c’était à refaire, on choisirait le modèle plus grand car ça va très vite et on y prend goût à donner ses épluchures aux petits lombrics 🙂

Le Worm Café

Au début, il faut s’armer d’un peu de patience. Pas facile de créer l’atmosphère adéquate pour nos amis lombrics. Il faut amorcer le substrat en y allant doucement, en mettant peu de déchets. Et pensez bien à mettre du carton pour maintenir l’équilibre azote/carbone. Au début, notre milieu était trop humide et nos vers sont morts. A la deuxième tentative, le milieu était trop sec et nos vers ont fini en mode chips 🙁 Il faut trouver le juste milieu (c’est le cas de le dire!) et prendre le temps de surveiller le lombricomposteur pour s’assurer que tout va bien. Cela demande un peu de temps et d’énergie mais cela est tellement gratifiant. Nous avons réussi à stabiliser notre City Worms grâce à un peu de substrat en provenance du Worm Café de nos voisins. Eux l’ont depuis 5 ans, et ça travaille là-dedans je peux vous dire ! Ils récupèrent à peu près 1 litre par semaine d’engrais liquide.

Il faut s’accrocher, cela vaut vraiment la peine de s’y mettre. On prend très vite l’habitude. Quand le lombricompost est bien amorcé, il ne sent pas mauvais, il sent le sous-bois humide, bref l’humus quoi ! Aucune fuite de vers à déclarer, les lombricomposteurs de Vers La Terre sont bien conçus pour cela. Et quand on voit les petits légumes de son potager pousser, et bien on est content 🙂

La cuisine responsable et durable ce n’est pas seulement acheter du bio et du local, c’est gérer son stock d’aliments, accommoder ses restes, moins gaspiller et réduire ses déchets notamment grâce au compost.

Un commentaire sur la recette “Je lombricomposte, tu lombricompostes, il lombricomposte, nous lombricompostons…

  1. Merci pour cette superbe expérience, je viens de déménager en appartement du coup se posait la question du lombricomposteur mais comme j’avais avant un composteur de jardin classique je me suis dit oulala je ne vais pas pouvoir mettre grand chose. J’ai finalement fini par prendre un composteur de cuisine : on verra ce que ça donne (je l’ai depuis une semaine).

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