Une soirée chez Monsieur Paul Bocuse

L’été dernier, j’ai eu l’immense joie d’aller dîner pour mes 30 ans au grand restaurant étoilé de Paul Bocuse à Collonges-au-Mont-d’Or. L’Auberge du Pont de Collonges est triplement étoilée depuis 50 ans, un sacré record ! Bravo Monsieur Paul.

On se sent tout petit en entrant dans le palais du roi de la gastronomie française. Les émotions sont indescriptibles. Un ballet de serveurs, directeur de salle, maîtres d’hôtel, chefs de rang, voiturier et sommelier en costume de gala est là pour vous accueillir et vous mettre à l’aise.

En entrant dans cette salle de spectacle dorée et étincelante, on découvre que les artistes du goût ont déjà commencé à jouer de leurs casseroles cuivrées sur le piano brûlant, suivant le rythme du chef de cuisine Olivier Couvin (MOF en 2015). Nous avons même eu le privilège d’accéder à la loge des artistes !

La salle des réjouissances est grandiose, à la hauteur des attentes bien sûr. Le décor est bien là pour mettre en valeur et annoncer le déroulé de ce qui s’apprête à se jouer sous nos yeux ébahis.

On nous installe à nos places, on nous distribue le programme et nous attendons patiemment le lever de rideau, le palais en alerte.

Nous nous sommes délectés d’un menu Bourgeois aux assiettes chatoyantes et raffinées qui entrent en scène les unes derrières les autres sur une cadence millimétrée ; non sans perdre une miette de ce qui se passe également dans l’assiette des autres spectateurs. Tous les grands classiques du plus illustre virtuose de la gastronomie française étaient au rendez-vous ce soir-là.

Salade de homard à la française

Turbot rôti, sauce Champagne et pommes soufflées

Rouget barbet en écailles de pommes de terre croustillantes

Loup en croûte feuilletée, sauce Choron

Pigeon en feuilleté au chou nouveau

Ris de veau braisés, sauce Ivoire

Volaille de Bresse truffée en vessie Mère Fillioux

Point ascendant du spectacle, l’arrivée de la sélection de fromages frais et affinés de la Mère Richard. En plus, on a le droit de tout picorer alors on aurait grand tort de se priver…

Puis on retient son souffle pour l’apogée : les délices et gourmandises de Monsieur Paul. Une véritable farandole de desserts pimpants, lustrés, élégants se dévoile face à un auditoire déjà bien repu. Mais comment y résister…

Crème brûlée, île flottante, baba au rhum, tarte aux framboises, tarte bourdaloue, fraisier… ils sont tous là sur scène et nous saluent d’une révérence.

Allez, encore quelques petites douceurs miniatures pour retomber doucement sur terre avant le tomber de rideau final.

La note qui clôture le bal semble parfaitement assaisonnée finalement, au regard de la performance exécutée et du talent incontesté des artistes.

Il manquait simplement la salutation finale du chef d’orchestre qui ne se montre plus au public (il souffre malheureusement de la maladie de Parkinson), mais qui dirige toujours avec la même passion et le même talent cette merveilleuse troupe pour nous mettre des étoiles plein les yeux et les papilles. Je repars enchantée et rassasiée, des images et des souvenirs gustatifs plein la mémoire, des frissons et des émotions plein le coeur. Merci Monsieur Paul.

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